Le Baromètre de mobilité annuel d’Acerta, publié ce 5 janvier 2026, met en lumière une évolution intéressante des habitudes de déplacement des travailleurs wallons. Si la voiture reste largement majoritaire, le vélo — et plus particulièrement le vélo électrique — gagne progressivement du terrain dans les déplacements domicile-lieu de travail.
Basée sur les données de 380 000 travailleurs occupés auprès de plus de 40 000 employeurs, cette dixième édition du baromètre confirme une transition lente mais réelle vers une mobilité plus diversifiée.
📈 Un record pour le vélo en Wallonie
Pour la première fois, 6 % des travailleurs wallons se rendent régulièrement au travail à vélo. Cela représente une hausse de 64 % par rapport à il y a cinq ans, un record historique pour la Région.
Dans le détail :
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2,4 % utilisent exclusivement le vélo pour leurs trajets domicile-travail ;
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3,3 % alternent le vélo avec la voiture ;
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0,3 % combinent le vélo avec les transports en commun.
Même si la Wallonie reste loin derrière la Flandre — où près d’un travailleur sur deux utilise le vélo au moins occasionnellement — la tendance est clairement à la hausse.
🚗 La voiture recule légèrement… mais reste reine
Malgré cette progression du vélo, la voiture demeure le moyen de transport dominant en Wallonie.
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92 % des travailleurs wallons utilisent la voiture pour se rendre au travail (exclusivement ou en combinaison avec d’autres modes) ;
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87,9 % effectuent l’intégralité du trajet uniquement en voiture ;
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Cette part a néanmoins diminué de 3,1 % en cinq ans, signe d’un léger changement de comportement.
Autre évolution marquante : la transition vers l’électrique. En un an seulement, le nombre de travailleurs disposant d’une voiture de société électrique a augmenté de 58 %, confirmant l’électrification rapide du parc automobile professionnel.
🚆 Les transports en commun gagnent aussi du terrain
Les transports en commun connaissent eux aussi une progression en Wallonie :
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6,4 % des travailleurs les utilisent pour leurs trajets domicile-travail ;
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Cela représente une augmentation de près de 11 % par rapport à il y a cinq ans.
Une évolution modeste mais constante, portée notamment par les zones urbaines et les pôles d’emploi bien desservis.
Une évolution portée par le confort et la santé
Pour Benoît Caufriez, Directeur d’Acerta Consult, plusieurs facteurs expliquent la montée en puissance du vélo :
« La progression rapide du vélo électrique et l’amélioration des équipements rendent les trajets à vélo de plus en plus confortables, y compris en Wallonie. L’espace public évolue également avec davantage de pistes cyclables et d’axes dédiés. »
Les employeurs de plus en plus impliqués
Face à ces évolutions, les employeurs adaptent leurs politiques de mobilité :
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développement du leasing vélo ;
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généralisation des indemnités vélo ;
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intégration de la mobilité active dans les politiques de bien-être au travail.
L’enjeu est aussi sanitaire : des travailleurs plus actifs sont généralement en meilleure forme, avec un risque réduit d’absences de longue durée. Dans un contexte où la réinsertion des malades de longue durée est une priorité en 2026, le vélo apparaît comme un levier à la fois social, économique et sanitaire.
Une transition progressive mais bien engagée
En résumé, la Wallonie n’assiste pas à une révolution immédiate de ses déplacements domicile-travail, mais bien à une transition progressive. Le vélo gagne en crédibilité, les transports en commun se renforcent et la voiture — bien que toujours dominante — évolue vers des motorisations plus propres.
Une dynamique encourageante, qui montre que les choix d’aménagement, les politiques d’entreprise et les évolutions technologiques commencent à porter leurs fruits.