02 juin 2026 – Paris Expo Porte de Versailles par Karim Mehrez
Dans le cadre de ma mission j’ai participé au salon Drive to Zero, organisé au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris. Ce déplacement avait pour objectif de prendre connaissance des tendances actuelles en matière de mobilité décarbonée, d’identifier des solutions innovantes pouvant être utiles à nos projets, et de rencontrer des prestataires ou partenaires potentiels pour envisager des suites opérationnelles.
Ce salon a constitué un temps utile de veille, de mise en réseau et d’ouverture sur des solutions concrètes pouvant répondre aux enjeux rencontrés sur notre territoire : mobilité rurale et périurbaine, intermodalité, infrastructures, électromobilité, véhicules partagés, mobilités intermédiaires, formation et innovation.
1. Participation aux conférences
J’ai pu assister à deux conférences particulièrement en lien avec les problématiques de Cross4Mobility.
Conférence 1 : Intermodalité et inclusion – construire une offre adaptée aux réalités territoriales
Cette conférence a abordé la difficulté de construire une offre de mobilité pertinente hors des grandes agglomérations. Dans les territoires ruraux et périurbains, les besoins de déplacement sont plus dispersés, les publics plus hétérogènes et où la dépendance à la voiture individuelle reste très forte.
Les échanges ont mis en évidence la nécessité de ne pas opposer les modes de transport, mais au contraire de les articuler : voiture individuelle, transport collectif, transport à la demande, covoiturage, mobilités actives, autopartage et solutions partagées. L’enjeu principal est de construire une offre souple, lisible et accessible, sans creuser davantage les inégalités territoriales.
Pour Cross4Mobility, cette conférence conforte plusieurs orientations déjà engagées :
- développer des solutions complémentaires plutôt qu’un modèle unique ;
- partir des usages réels des habitants et des travailleurs ;
- penser les pôles d’échanges, l’autopartage, le covoiturage et les modes actifs comme des briques d’un même système ;
- veiller à l’accessibilité des services pour les publics fragiles, isolés ou peu motorisés ;
- construire des dispositifs financièrement soutenables et adaptés aux moyens des collectivités.
Cette approche est directement transposable à nos actions, notamment autour des pôles multimodaux, des lignes de covoiturage, des stations d’autopartage et de la mobilité du quotidien dans les zones rurales et transfrontalières.
Conférence 2 : Infrastructures rurales et périurbaines – quels modèles pour durer ?
La seconde conférence portait sur la pérennité des infrastructures de mobilité hors métropoles : voiries départementales, voies vertes, aménagements partagés, équipements de recharge, espaces d’intermodalité ou encore infrastructures cyclables.
L’idée centrale était que l’enjeu n’est pas uniquement de financer de nouveaux aménagements, mais de garantir leur entretien, leur usage réel et leur durabilité dans le temps. Les territoires ruraux et périurbains disposent souvent de ressources financières limitées et d’une ingénierie technique plus fragile. Il est donc indispensable de prioriser les usages, de dimensionner les projets correctement et de construire des modèles de gestion réalistes.
Cette conférence a rappelé que chaque infrastructure doit être pensée comme un service à maintenir dans la durée. Il ne suffit pas d’installer une station, une borne, un véhicule ou un abri : il faut anticiper l’exploitation, l’entretien, le suivi des usages, les responsabilités de chaque partenaire et le modèle économique.
Cette réflexion est importante pour nos actions autour des mobipôles, des stations d’autopartage, des itinéraires cyclables, des aires de covoiturage et des expérimentations de véhicules innovants.
2. Rencontres avec des prestataires et partenaires potentiels
Au-delà des conférences, le salon a permis d’identifier plusieurs acteurs susceptibles d’apporter une plus-value à nos projets ou futurs projets, soit dans le cadre du projet actuel, soit dans la perspective d’une suite ou d’un nouveau dépôt de projet.
eMob-Twin – Digital twin for forecasting electromobility flexibility
La rencontre avec eMob-Twin a permis d’ouvrir une piste autour de l’analyse du potentiel électrique d’un parc de véhicules à l’échelle d’un territoire. Leur approche par jumeau numérique pourrait permettre de simuler les besoins de recharge, d’évaluer la flexibilité énergétique, d’anticiper les contraintes réseau et d’identifier les conditions de déploiement de véhicules électriques.
Cette solution pourrait être intéressante dans le cadre d’une réflexion territoriale sur l’électrification des flottes, l’autopartage électrique, les véhicules communaux, ou encore les besoins futurs en infrastructures de recharge.
Institut VEDECOM – Mobilités durables
L’échange avec VEDECOM a été particulièrement intéressant pour élargir la réflexion vers un écosystème global de mobilité décarbonée. L’approche ne se limite pas aux véhicules : elle intègre les déplacements, les infrastructures, les bâtiments, l’énergie et les usages.
Cette vision systémique pourrait nourrir une suite à Cross4Mobility autour de territoires démonstrateurs, combinant mobilité électrique, autopartage, infrastructures intelligentes, bâtiments publics, production ou gestion énergétique, et accompagnement des changements de comportement.
CFPA – Formation autour de l’entretien des véhicules électriques
Le contact avec le CFPA ouvre une piste autour de la formation professionnelle liée aux véhicules électriques. Cette dimension est importante car le développement de l’électromobilité nécessite aussi des compétences locales pour l’entretien, la maintenance, la sécurité et l’accompagnement des professionnels.
Cette piste pourrait être travaillée avec des partenaires de formation, des collectivités, des entreprises locales ou des opérateurs de mobilité afin d’anticiper les besoins en compétences sur le territoire.
Metacar Industrial – Véhicule Kiwee Mobility
La rencontre avec Metacar Industrial a permis de découvrir le véhicule Kiwee Mobility, une solution pouvant s’inscrire dans une logique de mobilité partagée, de petits véhicules urbains ou périurbains, et de complément aux transports existants.
Ce type de véhicule pourrait être étudié pour des usages spécifiques : dernier kilomètre, rabattement vers un pôle d’échange, usage touristique, mobilité de proximité ou expérimentation sur une commune pilote. Il conviendrait toutefois d’analyser précisément les conditions d’usage, le coût, la réglementation, les besoins de maintenance et l’acceptabilité par les habitants. Le fondateur s’est dit prêt à présenter ce projet sous forme de webinaire à d’éventuels partenaires.
Up&Charge – Recharge par induction
L’échange avec Up&Charge a porté sur le déploiement de bornes de recharge par induction. Cette technologie pourrait simplifier l’usage de véhicules électriques en supprimant la contrainte du branchement physique.
Même si cette solution semble encore relever d’une logique innovante ou expérimentale, elle peut avoir un intérêt dans le cadre de démonstrateurs, notamment pour des flottes captives, des véhicules partagés ou des sites où la simplicité d’usage est un enjeu important.
Agence de l’innovation pour les transports
La rencontre avec l’Agence de l’innovation pour les transports du ministère des Transports et du Développement durable représente une opportunité intéressante. L’agence peut faciliter la mise en relation avec des initiatives innovantes déjà accompagnées au niveau national.
Ce contact peut être utile pour identifier des solutions testées ailleurs, entrer en relation avec des porteurs de projets, repérer des appels à projets ou valoriser Cross4Mobility comme territoire d’expérimentation.
AE Motion – Véhicules intermédiaires
L’échange avec AE Motion a permis d’aborder le sujet des véhicules intermédiaires, situés entre le vélo et la voiture classique. Ces véhicules peuvent répondre à certains besoins de mobilité du quotidien en territoire rural ou périurbain : trajets courts, déplacements domicile-travail de proximité, mobilité sobre, réduction des coûts d’usage et baisse de la dépendance à la voiture individuelle.
Cette piste pourrait être intéressante à explorer dans le cadre de tests utilisateurs, de démonstrations locales, d’un partenariat avec des entreprises ou d’une expérimentation sur certains trajets identifiés.
Movin’On – Programme Bleu Blanc Move et recherche de financements
La rencontre avec Movin’On a permis d’échanger sur la recherche de financements et sur le programme Bleu Blanc Move. Ce contact peut être utile pour identifier des opportunités de soutien, de mise en réseau et de valorisation de projets territoriaux autour de la mobilité durable.
Cette piste pourrait être approfondie pour rechercher des financements complémentaires ou préparer une suite au projet Cross4Mobility, notamment sur des actions concrètes, visibles et duplicables.
3. Plus-value du salon pour Cross4Mobility
La participation au salon Drive to Zero présente plusieurs intérêts directs pour Cross4Mobility.
D’abord, elle confirme que les problématiques travaillées dans le projet sont au cœur des enjeux actuels : mobilité décarbonée, intermodalité, inclusion, infrastructures durables, électrification, véhicules partagés, ingénierie territoriale et adaptation aux réalités rurales.
Ensuite, elle permet de sortir d’une approche uniquement locale pour comparer nos actions avec d’autres initiatives, d’autres technologies et d’autres modèles de déploiement. Le salon a montré que les territoires ruraux et périurbains peuvent devenir des terrains d’expérimentation pertinents, à condition de bien articuler les usages, les moyens techniques, les financements et l’accompagnement humain.
Enfin, les rencontres réalisées ouvrent des pistes concrètes pour une suite à Cross4Mobility : études de potentiel électrique, expérimentations de véhicules intermédiaires, réflexion sur l’écosystème énergétique et mobilité, formations aux métiers de l’électromobilité, solutions de recharge innovantes, recherche de financements et mise en relation avec des acteurs nationaux.